Président de l’Association des écrivains de Guinée, Fadama Itala Kourouma incarne l’une des voix les plus engagées du monde littéraire guinéen. Administrateur territoriale de carrière, aujourd’hui à la retraite, il consacre son temps à la promotion de la littérature nationale et à l’accompagnement des jeunes auteurs.
Né dans un environnement où le livre avait une place de choix, Fadama Kourouma découvre très tôt sa vocation. « C’est une passion naturelle qui s’est imposée à moi lorsque j’étais collégien », confie-t-il. Fils d’instituteur, il grandit au milieu des ouvrages de la bibliothèque familiale, un univers qui éveille en lui le goût de la lecture et l’envie d’écrire. C’est en neuvième année qu’il compose son premier poème, dédié à la femme africaine — un texte que son père corrigera avec bienveillance.
Encouragé par ce premier essai, il poursuit son aventure littéraire en publiant régulièrement ses poèmes dans Horoya, le principal journal de l’époque. En 1998, il publie son premier recueil de poésie intitulé Les étoiles dans les yeux, marquant ainsi le début d’un parcours d’écriture ininterrompu. « Ce fut le moment où je me suis définitivement engagé dans l’écriture », dit-il avec émotion.
Aujourd’hui, l’auteur se réjouit de constater une nouvelle dynamique au sein de la littérature guinéenne. Il salue particulièrement l’émergence d’une jeunesse passionnée, portée par le goût de l’écriture et de la lecture. Il cite l’exemple de trois jeunes filles récemment intégrées dans le registre national des écrivains, à la suite d’un partenariat culturel entre la Guinée et le Sénégal. « Nous encourageons cette jeunesse, car à travers elle se dessine le futur de notre littérature. La lecture reste le socle qui mène à la connaissance et au développement », souligne-t-il.
Cependant, tout n’est pas rose dans le monde littéraire guinéen. Fadama Kourouma évoque avec franchise les obstacles auxquels font face les écrivains du pays. Le manque de maisons d’édition, l’absence d’un siège fixe pour l’Association des écrivains de Guinée et la difficulté d’accès aux droits d’auteur freinent considérablement la professionnalisation du métier. « Nous sommes une institution républicaine, mais nous manquons d’infrastructures adéquates. Il est urgent que le gouvernement nous accorde un siège afin que nous puissions exercer pleinement notre mission culturelle », plaide-t-il.
Auteur de six ouvrages, dont le plus récent a été publié le 10 octobre dernier, Fadama Itala Kourouma demeure convaincu que l’écriture est un outil de construction personnelle et collective. À la jeunesse, il lance un appel vibrant : « Qu’ils se forment, qu’ils lisent, qu’ils écrivent, mais surtout qu’ils apprennent à perfectionner leur art. La littérature n’est pas une improvisation, c’est une école de rigueur et de passion. »

