La Guinée a vécu, ce jeudi, un moment d’une rare intensité au Palais du peuple. Dans une atmosphère mêlant solennité, recueillement et profonde affection, la Nation tout entière a rendu un hommage vibrant à Abdoulaye Sow, président de l’USTG et secrétaire général de la FESABAG, décédé mardi dernier à l’âge de 65 ans des suites d’une courte maladie.
Dès l’aube, une foule dense a convergé vers l’esplanade du Palais : hauts responsables de l’État, grandes figures du mouvement syndical, anciens collaborateurs, proches, anonymes… Tous ont tenu à saluer la mémoire de cet homme qui a marqué plusieurs générations de travailleurs, par son engagement constant, son sens du devoir et son humanité. La cérémonie, à l’image du défunt, s’est déroulée dans la sobriété et la dignité.
L’un des moments les plus émouvants fut sans doute le témoignage de son fils, Boubacar Sow. La voix chargée d’émotion mais empreinte de force, il a rappelé les valeurs cardinales qui ont guidé la vie de son père : l’honnêteté, la dignité, l’amour du prochain. Des principes simples et solides, qui ont façonné un homme respecté pour sa rigueur dans le combat syndical autant qu’aimé pour sa générosité et son attachement indéfectible à sa famille. Dans son hommage, il a également évoqué la complicité exemplaire qui unissait ses parents, un modèle de respect mutuel qui demeure un repère essentiel pour toute la famille.
Le recueillement s’est prolongé avec l’intervention du Premier ministre Bah Oury, ami et compagnon de longue date du défunt. Ému, il a partagé le souvenir de leur dernier échange, quelques jours seulement avant la disparition d’Abdoulaye Sow. Une conversation tournée, une fois encore, vers la recherche de solutions pour apaiser une crise syndicale. Un détail qui en dit long sur l’abnégation d’un homme resté fidèle à sa mission jusqu’à son dernier souffle. Le chef du gouvernement a choisi un mot pour résumer l’essence du syndicaliste : « baobab ». Symbole de force, de sagesse et de longévité.
Banquier engagé, leader syndical incontournable, ardent défenseur des droits des travailleurs, Abdoulaye Sow laisse une empreinte profonde dans l’histoire sociale du pays. Il laisse derrière lui une veuve, sept enfants et une œuvre considérable inscrite dans la mémoire collective guinéenne.
En ce jeudi 4 décembre, la Guinée n’a pas simplement fait ses adieux à un syndicaliste. Elle a salué un homme de paix, un bâtisseur, un père dévoué, un partenaire de lutte. Un repère. De ceux dont l’héritage transcende le temps et continue d’éclairer le chemin des générations futures.
Que la terre lui soit légère.

