Conakry, 29 novembre 2025 — La Guinée a franchi un cap majeur dans la modernisation de son système de transport routier avec le lancement officiel du premier permis de conduire biométrique dédié aux motos. Une réforme inédite, pensée pour encadrer un secteur devenu essentiel dans la mobilité urbaine mais miné par un taux d’accidents alarmant.
Une réponse à la flambée des accidents de moto
Avec l’essor fulgurant du parc moto ces dernières années, les deux-roues sont devenus les principaux acteurs du transport quotidien, notamment dans les grandes villes. Mais cette croissance s’est accompagnée d’une augmentation dramatique des accidents.
D’après les chiffres de la Direction Nationale des Transports Terrestres (DNTT), plus de 3 200 accidents impliquant des motos ont été enregistrés en 2024, faisant 1 105 morts et 715 blessés avec invalidité permanente.
Pour les autorités, la mise en place d’un permis biométrique s’imposait comme une mesure urgente de sécurité publique.
Un système d’obtention modernisé et plus accessible
Présentant le projet, le Directeur général de la DNTT, Naby Idrissa Diallo, a salué un « tournant historique » dans la professionnalisation du secteur.
Le processus d’obtention du permis s’articule désormais autour de trois étapes : formation, examens théoriques et pratiques, puis enrôlement biométrique.
Pour faciliter l’accès, le gouvernement a revu les coûts à la baisse :
Formation réduite de 260 000 à 150 000 GNF ;
Frais médicaux abaissés à 120 000 GNF ;
Formation accélérée pour les conducteurs expérimentés, permettant l’obtention du permis en une semaine.
Une campagne spéciale de six mois permettra également aux milliers de motards déjà en activité de se mettre en conformité.
La biométrie pour sécuriser les identités
La société internationale Thomas Gregg, spécialisée dans les technologies de sécurité, assure la mise en œuvre technique du dispositif dans plus de quatorze pays.
Selon son Directeur Général en Guinée, Sekou Oumar Keita, le permis n’est pas seulement une carte, mais « un système intégré de formation, de certification, de collecte sécurisée de données et de création d’une base biométrique fiable ».
Des syndicats favorables à une professionnalisation du métier
Les organisations de motards, particulièrement actives lors des consultations, soutiennent largement cette réforme.
Pour leur porte-parole, Ibrahima Sy Savane, ce permis représente une avancée attendue :
« Aucun Guinéen ne peut dire qu’il n’a jamais sollicité un taxi-moto. Ce métier transporte des millions de personnes chaque jour. Il était temps que les conducteurs bénéficient d’un cadre professionnel digne de ce nom. »
“La vie humaine passe avant tout”, affirme le ministre des Transports
En procédant au lancement officiel, le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a rappelé que 70 % des accidents de circulation en Guinée impliquent une moto.
« Chaque jour, des jeunes meurent en travaillant pour nourrir leur famille. Cette réforme est un choix politique fort : la protection de la vie humaine est notre priorité », a-t-il insisté.
Linda pour bkinfo7.com






