L’opposante tunisienne Chaïma Issa a été arrêtée samedi à Tunis alors qu’elle participait à un rassemblement organisé par un collectif féministe dans la capitale. Les forces de sécurité ont procédé à son interpellation moins de vingt-quatre heures après sa condamnation à vingt ans de prison, prononcée vendredi en appel dans une affaire de complot présumé contre le président Kaïs Saïed.
Selon la décision de la cour, plusieurs accusés impliqués dans ce dossier ont écopé de peines allant jusqu’à quarante-cinq ans de réclusion. Les autorités accusent les prévenus d’avoir tenté d’organiser un renversement du chef de l’État, des accusations qualifiées d’infondées par la défense et dénoncées par plusieurs organisations tunisiennes et internationales.
Jusqu’à son arrestation, Chaïma Issa se trouvait en liberté provisoire. Figure de l’opposition et membre actif du Front de salut national, elle avait récemment appelé les Tunisiens à « maintenir la pression » sur Kaïs Saïed, qu’elle accuse d’avoir engagé le pays dans une dérive autoritaire depuis son coup de force institutionnel de 2021.
L’interpellation de l’opposante intervient dans un climat politique de plus en plus tendu, marqué par la multiplication des poursuites visant des journalistes, des militants et des figures de l’opposition. Plusieurs ONG alertent sur un recul inédit des libertés publiques dans le pays autrefois considéré comme le principal espoir démocratique du monde arabe.

