Kadiatou Soumah, élève de 10ᵉ année au groupe scolaire La Haute Marée, n’aura pas revu la lumière de l’après-midi. Ce mardi matin, dans sa salle de classe, son cœur s’est arrêté au moment où la peur a envahi l’établissement. Une adolescente souriante, pleine d’avenir, emportée en quelques minutes par un drame que personne n’aurait imaginé.
Selon les témoignages recueillis, tout a basculé peu avant 9 heures. Une rumeur d’agression, des élèves extérieurs approchant de l’école, et soudain la panique. Les camarades de Kadiatou, déjà secoués par les tensions liées à la grève dans les écoles publiques, auraient appris que des élèves venus en découdre se dirigeaient vers eux. La peur s’est répandue comme une traînée de poudre.
Dans cette ambiance d’angoisse, Kadiatou s’est approchée de la fenêtre avec ses amies. À la vue du groupe qui avançait vers l’établissement, elles auraient crié, terrifiées : « C’est la mort ! » Les élèves se sont alors précipités pour fuir. Dans la cohue, Kadiatou a vacillé, est tombée entre les bancs… et ne s’est plus relevée.
Son professeur, Cece Loua, bouleversé, peine encore à y croire.
« La matinée était pourtant si normale… Elle m’avait taquiné, on avait ri ensemble », murmure-t-il, les yeux embués. Puis tout s’est enchaîné : l’alerte, l’intrusion d’élèves venus de Ratoma et Taouya, l’ordre de libérer certaines classes, l’agitation… et soudain, l’annonce du malaise de Kadiatou.
« J’ai vraiment cru que ce n’était qu’une crise. Ses parents m’ont dit qu’elle n’avait jamais eu de problème de santé. Mais le médecin m’a appelé… “Monsieur, vous avez perdu votre élève.” »
À la maison mortuaire, les sanglots étouffés des proches et les cris de douleur des parents brisent le silence. Comment accepter qu’une jeune fille de 10ᵉ année, partie à l’école le matin, ne rentre plus jamais chez elle ? Comment comprendre qu’une panique, née d’un climat de violence, ait pu coûter une vie ?
La mort de Kadiatou laisse derrière elle une famille anéantie, un établissement traumatisé, et un profond sentiment d’injustice. Une vie s’est éteinte, emportée par une peur qu’une adolescente n’aurait jamais dû connaître.

